Die au défi de la réconciliation : de la guerre de religions à la démocratie conviviale ?

Après l’expérience de « Sursaut pour Die » 

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Sept mois d’une expérience insolite prennent fin. Insolite et riche puisque j’étais en campagne sans être candidat. Riche parce que l’observation des réactions, mélange d’hostilité et d’enthousiasme, aura stimulé les réflexions que je livre dans ces quelques pages en les mettant dans la perspective du monde turbulent en gestation, du moins tel que je le perçois au travers de mes diverses réflexions et de mes engagements depuis quinze ou vingt ans.

Je ne veux ici ni renter dans les détails ni amorcer une polémique mais simplement rappeler le fond de mon initiative « Sursaut pour Die ». Il s’est agi pour moi de critiquer avec respect et de façon factuelle l’équipe municipale sortante tout en faisant quelques suggestions à mon avis de « bon sens », raisonnables, et en même temps, même si par conséquent je dérangeais, d’appeler à la réconciliation des diois en suggérant des modalités d’une nouvelle et authentique « démocratie municipale conviviale ».

J’ai pris cette initiative en tant que simple citoyen, engagé cependant dans la réflexion et dans l’action. De quel droit ? M’ont demandé quelques détracteurs. Eh bien oui, en tant que simple citoyen qui croit pouvoir apporter une contribution utile à la nouvelle équipe municipale, peut-être dans le cadre de commissions extra-municipales. C’est un peu prétentieux, j’en conviens. Mais je le dis pourtant sans prétention il y a d’exceptionnelles personnalités qui me servent de modèle, comme De Gaulle ou Luther qui n’ont rien demandé à personne ! 

Je propose un « déroulé » assez naturel, tel qu’il me vient à l’esprit en commençant par un point final quasi anecdotique, mais symptomatique.

Confrontation ou coopération ?

Durant cette campagne des municipales, j’ai été destinataire d’un commentaire, parmi beaucoup d’autres, assez éloquent : 

« Comment dire... Utiliser une étiquette identitaire pour catégoriser une liste entière, dans le but d'opposer anciens et nouveaux, tout en appelant à la réconciliation, c'est pas de gauche, c'est pas écolo, c'est un gloubi-boulga, mais surtout une grosse contradiction », réaction à ce que j’avais écrit : 

« Alors que choisir ? Une liste 100 % écolo, 100 % néo, 100 % de gauche, héritière d’une équipe sortante qui nous prive d’un nouvel hôpital depuis six ans… et bien d’autres choses encore…Ou une alliance plurielle, une alliance gauche-droite-centre, une alliance entre Diois et néos… ».

Pour ma part, je vois là deux façons de lire opposées : confrontation ou coopération. Pour moi c’est une évidence que pour être sincèrement ouverts les uns aux autres, il faut une diversité empreinte d’ouverture, ce qu’une liste « monobloc » et donc forcément clivante est dans l’incapacité de faire… alors que mon interlocuteur y voit une volonté d’opposer, de confronter les uns aux autres, là où, je le formule autrement, je mettais en comparaison deux « stratégies politiques », celle du clivage probable (confrontation) et celle du rassemblement possible (coopération).

Ce sont donc bien deux conceptions différentes qui nous opposent comme en témoigne cet autre commentaire qui fait écho aux précédents : « qu’est-ce que cette distinction entre neo et diois nés ici ? est-ce être de gauche que de pointer l’origine des personnes ? cela a des relents nauséabonds ». L’incompréhension est symptomatique. Ma détractrice m’attribue une volonté d’exclusion, là où je ne fais qu’analyser de façon factuelle ce qui me semble être la situation concrète pour en tirer effectivement la conclusion que bien des personnes se sentiront exclues de cette offre aussi « monobloc » dont elle est partisane… et alors même qu’en soutenant une liste « plurielle » je ne suis justement pas en train « d’exclure l’étranger » ni quiconque. Au contraire.

Et comme si ça ne suffisait pas le terme « nauséabonds » est lâché ! Comprendre que mes propos sont fachos ! Voilà la « loi de Godwin »[1].

Bref, qu’en déduire, que conclure dans cette préoccupation de redonner vie à une démocratie en souffrance, malmenée depuis six ans ? Pour ma part j’ai acquis la conviction, inspiré d’ailleurs par Edgar Morin et d’autres, qu’il y deux approches, deux états d’esprit, deux pensées qui s’opposent :

  1. La pensée fermée, binaire, simple, celle du dogme, de la certitude rassurante, celle du « j’ai raison et toi tu as tort », celle de l’opposition telle que je viens de la relater, celle du refus d’écouter l’autre… que l’on retrouve dans ces luttes partisanes (où l’affect prend souvent le dessus, nous y reviendrons plus loin), celle de la confrontation, ce que je dénonce la plupart du temps.
  2. La pensée ouverte, complexe, cellede l’empathie, de l’altruisme, celle de la diversité, de la légitimité plurielle, de la légitimité d’attentes diverses voire opposées, celle de l’articulation des contraires ou des différences, celle de la « dialogique émotion cognition » que nous devons à Edgar Morin où les émotions ont un rôle important à condition que la raison joue bien son rôle de « tour de contrôle » tout en se nourrissant de ces propres émotions. Bref, celle de la coopération.

Que c’est difficile, voire dramatique, pour les plus engagés et leurs partisans !

Le drame du militant

Certes, je comprends les adeptes de la « pensée fermée » bien que je ne sois pas en accord avec eux. Alors que l’inverse ne semble pas possible. Ils ne me comprennent pas ! C’est ce que j’appelle le « drame du militant ». Dans cette campagne où une liste plurielle, ouverte et raisonnable, mais pas vraiment « militante », était en concurrence avec une équipe de « militants », d’« engagés », pour la plupart. Nous en avons eu une illustration banale et intéressante. Banale parce que fort répandue. Intéressante en ce sens que l’équipe « engagée », « militante » met beaucoup d’énergie, souvent d’aveuglement, pour servir « sa » cause, noble au demeurant, mais maladroite à mon avis, convaincue de son ouverture d’esprit mais en réalité souvent limitée à son entre-soi, clivante, et c’est ce qui est « dramatique   Être militant est à leur honneur et tout le monde n’en fait pas autant. Mais cet engagement (total ?) transforme souvent les convictions en certitudes aveuglées et aveuglantes, pratiquement absolues. Il n’y a pas d’autre vérité possible !  L’esprit en est formaté, mûr pour l’intolérance ! Le « drame du militant », c’est donc qu’il faut s’ouvrir aux autres sans pouvoir les comprendre en vue de les convaincre mais sans autre vision possible que rallier celle du militant !

Ça ne peut pas marcher. C’est dramatique !.. Sans oublier que l’intolérance se retrouve partout, pas que chez les militants.

Pour une minorité « pionnière ou agissante plurielle » ?

Mais il y a des exceptions, quelques esprits aptes à prendre du recul, moyennant une bonne dose de volontarisme. Un exercice difficile, j’en sais quelque chose.  A la lumière de ces 10 à 15 dernières années d’engagement écolo, je livre ici une observation, ou plutôt un repère pour la réflexion, sans volonté de généraliser. La plupart des « militants », mais pas tous, sont attachés à leur « sensibilité » depuis leur « berceau », ils font cops avec leur communauté militante. C’est manifestement générateur d’un « entre soi » fort, solide. Et il y a aussi une minorité, souvent des « nouveaux venus », des « convertis », dont les convictions et les engagements ont pris corps au fil de leur réflexion, une sorte de « vocation évolutive » !  Ce parcours facilite une certaine ouverture d’esprit. A la lumière de mon expérience j’ai constaté que c’est bien cette minorité, mais pas que, celle de la diversité des expériences et des origines, qui est la plus apte la plupart du temps à prendre du recul et à s’assumer dans un mélange critique de compréhension, de doutes et de convictions. Il y a là le « filon minorité pionnière » qui mériterait d’être pris en compte sans brutalité. Afin de faciliter les « rapprochements démocratiques ».

Voilà pourquoi, grâce à cette « mésaventure dioise » presque caricaturale, je crois pouvoir souligner cette importante distinction entre pensée ouverte et pensée partisane souvent fermée.

Attention si j’ai voulu exposer ce mécanisme « intolérance-ouverture », je ne passe pas sous silence le fait que l’on peut trouver beaucoup d’intolérance chez les moins/non engagés, des autres « camps ». Mais j’ai la conviction que c’est plus facile d’être ouvert sans idéologie.

A l’évidence et malgré certaines apparences trompeuses, il ne s’agit pas de la même démocratie (dialogue vs confrontation) dans les deux cas que je viens d’évoquer ! 

Dépasser les contradictions, surtout apparentes

Toujours en référence à cette campagne des municipales de 2026, mon engagement, je le rappelle, a porté sur deux sujets que certains ont considérés comme contradictoires : critiquer (factuellement et avec respect) et réconcilier (dans notre démocratie si mal en point).

Or il m’a été fait souvent grief de ce qui était considéré par mes détracteurs comme contradictoire, à savoir critiquer et réconcilier !  J’y vois là l’illustration de cette distinction que je viens de faire entre dogmatisme et pragmatisme. J’aurais pu ressentir du désagrément dans ces critiques, et cela m’a parfois traversé l’esprit, mais j’y ai vu l’importante difficulté de repenser la démocratie, et d’abord au niveau local… ce qui m’a conduit à faire la promotion de ce que j’appelle la « démocratie municipale conviviale », largement inspirée par le mouvement des « Convivialistes », initié par le Professeur Alain Caillé et dont je suis l’un des membres actifs.

Les fondamentaux « convivialistes »

Les plus intéressé(e)s pourront se documenter aisément[2]. Disons, en bref, que, au regard du sujet de ces lignes, le convivialisme est constitué de six « fondamentaux » qui forment un tout cohérent pour inspirer, entre autres, la question de la démocratie, dont la démocratie municipale conviviale[3] que je propose.

Je reprends ici ces cinq principes et leur impératif dans l’ordre de leur présentation dans le manifeste.

  1. Le principe de commune naturalité affirme que nous ne sommes pas « maîtres et possesseurs de la nature » mais faisons destin commun avec elle. Il est au cœur de la pensée écologique.
  2. Le principe de commune humanité condamne toutes les discriminations, de sexe, de couleur de peau, de croyance ou de religion.
  3. Le principe de commune socialité affirme que la richesse pour les humains est d’abord celle de leurs rapports sociaux.
  4. Le principe de légitime individuation pose que la motivation première des humains est la quête de reconnaissance tout en étant « soi-même ».
  5. Le principe d’opposition créatrice au cœur de ces lignes puisqu’il s’agit de pouvoir confronter nos points de vue sans nous massacrer !
  6. Ces cinq principes doivent être tempérés et équilibrés dans le respect premier de l’impératif catégorique de lutte contre l’hubris, contre la folie des grandeurs, contre la démesure[4].

Je tiens à souligner à ce stade la cohérence entre ces six fondamentaux et leur mise en œuvre dans le cadre d’une démocratie locale conviviale[5]. Je précise ici que le mouvement convivialiste a amorcé une réflexion relative à l’application de ces six fondamentaux pour nourrir la campagne des élections municipales 2026. A l’heure où j’écris ces lignes, il ne me semble pas que ce soit un succès. Mais en ce moment de nouvelles équipes, espérons que, au gré des circonstances, ces propositions puissent être expérimentées. En particulier j’émets le vœu d’une mise en pratique des conventions citoyennes ou des ADC (assemblées de codécision pour mettre en action les doléances locales)[6], façon d’atténuer ou supprimer les malentendus inhérents à une pratique démocratique au mieux « à l’ancienne » et souvent simple « parodie », contrefaçon grotesque de démocratie. Je m’explique.

Combien de fois n’ai-je pas entendu « on a été élus pour ça », ou « on a expliqué que », sauf que, à tort ou à raison, la « moitié » de la population pense qu’elle n’a pas été informée objectivement, loyalement, a fortiori n’a pas eu son mot à dire. Dans le climat actuel de tension croissante il est donc indispensable de faire un pas en avant dans l’implication citoyenne afin de rassurer les esprits et favoriser les débats et consensus, ou au moins les compromis devenus ainsi acceptables ou supportables. Certes il restera toujours des « esprits chagrins » mais moins ils seront nombreux, mieux fonctionnera la démocratie. Je forme donc le vœu que nos élus locaux mettent en œuvre de nouvelles pratiques démocratiques… avec implication, pour moi essentielle, de la minorité malheureusement désignée communément « opposition ». Symptomatique !

Si nous voulons, sans nous massacrer, confronter nos points de vue, légitimes les uns et les autres, je suggère une règle du jeu qui me semble importante pour créer le climat de confiance nécessaire. Il s’agit du choix des animateurs et experts. Je suggère qu’ils soient choisis d’un commun accord entre majorité et minorité, à 50/50. Le même principe me semble également s’imposer pour désigner ou solliciter citoyennes et citoyens à participer à ces temps forts de la vie démocratique.

Certes cela prend du temps. Mais n’est-ce pas en perdre pour en gagner ?  Je prends ici deux exemples éloquents de notre bonne ville de Die.

Le projet de construction d’un nouvel hôpital piétine depuis six ans. En cause, entre autres raison, l’absence de débat public loyal et par conséquent l’hostilité légitime d’une majorité de la population. Une vraie démocratie, telle que je l’invoque ici, aurait sans doute permis d’avancer vers un compromis, voire un consensus, et si nécessaire déboucher sur un referendum… alors que la logique de confrontation forte qui a prévalu n’a cessé de ralentir le processus qui aurait permis d’avoir maintenant le nouvel hôpital en question.

Deuxième exemple, celui des mobilités en centre-ville qui s’est concrétisé sans concertation authentiquement démocratique, engendrant une importante discorde entre piétons, cyclistes et automobilistes. Certes il faut en convenir le sujet est difficile. Et c’est bien pour cette raison que la concertation et l’expérimentation sont nécessaires. Dans cette reprise à zéro qui s’annonce, espérons que concertation et expérimentation seront au cœur de la démarche municipale.

Les obstacles ne manqueront pas cependant. En particulier celui du scepticisme bien compréhensible d’une partie importante de la population dont le vécu a plutôt avivé méfiance et ressentiment au-delà de toute rationalité… D’où le rôle important de la « minorité agissante plurielle ».

 

Prendre conscience de l’emprise de nos émotions pour un nouvel équilibre entre raison et émotions

Je n’hésite pas à affirmer que les lignes qui suivent abordent un sujet beaucoup trop peu pris compte alors qu’il devrait être au cœur de notre vie démocratique. Pour le dire d’un mot il s’agit de l’emprise des émotions. J’invite lectrices et lecteurs à une sorte d’honnête et difficile introspection.

Consciemment et peut-être encore plus souvent inconsciemment, nous nous disons très souvent « j’ai envie de », « je rêve de », ou bien nous ressentons que monte en nous frustration, haine, colère, tristesse, peur, inquiétude… mais aussi joie, plaisir…, souvent avec démesure ou déraison, et nous laissons faire, nous « subissons » l’agréable comme le désagréable de ces émotions en dehors de toute rationalité. Nous avons senti (et souvent ressenti plus ou moins inconsciemment) ces émotions naitre et nous avons laissé faire. C’est bien humain. Mais sommes-nous totalement démunis, condamnés à nous soumettre à nos émotions ? Et sinon, que pouvons-nous faire. ? Face à ces questions je fais quatre propositions d’expérimentations individuelles :

  1. Sentir le signal faible d’une émotion (ou caprice ?) naissante. S’écouter sans précipitation. 
  2. Mettre en route la « tour de contrôle » de la raison : de quoi s’agit-il, est-ce important ou dérisoire, pourquoi je suis contrarié ou (même faiblement parfois) ému… ? … et se dire « tiens, j’allais me faire piéger ».
  3. Faire le lien entre ce ressenti et ce que je sais de moi : besoin d’être rassuré, besoin de découvrir, besoin de me changer les idées, besoin d’atténuer une souffrance ou une frustration, besoin d’être reconnu…
  4. Constater que réagir le plus en amont possible (autorégulation), c’est commencer à se libérer en tout ou partie…

Mon propos ici n’est pas de donner des instructions, des directives ou des leçons. Je souhaite simplement inviter lectrices et lecteurs à découvrir, prendre conscience, comme je l’ai fait moi-même, combien ce sont les émotions, les ressentis, même souvent faibles, qui nous gouvernent, à tous les instants ou presque. Et qu’alors, ce sont les émotions qui deviennent la tour de contrôle, qui ont raison de notre raison qui, elle, est à l’arrêt.

C’est vrai dans toutes les circonstances de la vie. C’est particulièrement vrai au sujet de la vie démocratique et politique qui nous intéresse ici.

Et avec les mêmes mécanismes, d’autant plus actifs que c’est collectif, donc que s’y ajoute la pression du groupe d’appartenance, de son injonction au conformisme et sa fidélité.

Si je reviens au « drame du militant » déjà évoqué, que se passe-t-il ? Le militant est fortement engagé, il est sûr d’avoir raison... Mais qu’est-ce qui se cache derrière ces certitudes ? Bien souvent, avouons-le, la peur, cette émotion « reine ». Oui, la peur, celle d’être déstabilisé, celle de devoir revoir sa copie, celle de perdre son statut de sachant, celle d’une perte, celle de devoir reconnaitre la pertinence ou l’intérêt de l’adversaire…Ce n’est pas rassurant, vraiment pas. Mieux vaut rester campé dans ses préjugés, sa haine, son hostilité, sa mauvaise humeur… le tout conforté douillettement par cet entre-soi se son « camp » d’appartenance.

Je pose la question. N’est-ce pas une forme répandue d’addiction dans les groupes sociaux ? Addiction en ce sens qu’il est difficile de s’en détacher, de prendre le « risque » de s’en détacher ? N’est-ce pas encore plus vrai en ce temps de bouleversements, d’incertitudes, de menaces qui génèrent bien naturellement de l’inquiétude, de la peur et corrélativement haine, tristesse, découragement… et par conséquent le besoin de se rassurer, du repli dans nos certitudes (celles de notre entre-soi avec son biais de confirmation) ? Quitte à nous priver de découvertes, d’expériences, de vécus qui pourraient pourtant être gratifiants, amusants, stimulants… si nous sortons de notre coquille ?

Je ne veux pas mettre d’absolu ou d’impératif dans ces questions, mais seulement encourager chacune et chacun à s’aventurer dans de telles explorations sans lesquelles la démocratie n’est probablement que confrontations, rapports de force… dont on voit cruellement a minima la vacuité et au pire le danger de nous entretuer

L’exercice est difficile, de longue haleine, jamais terminé. Beaucoup renoncent rapidement. J’en veux pour illustration les conférences que j’ai organisées à plusieurs reprises dans le cadre des Rencontres de Die et de la Biovallée. Ce fut l’occasion de faire intervenir celui qui est l’un de mes « maîtres », le professeur Daniel Favre[7], tant il m’a inspiré. Ses conférences suscitent un grand enthousiasme, en particulier auprès des militants de ces Rencontres. Et pourtant ! Et pourtant ce sont, pour la plupart, ces mêmes « enthousiastes » qui restent piégés dans leurs certitudes… et la pression de leur groupe d’appartenance. A ce point j’en suis étonné. C’est dire si l’exercice que je suggère ne va pas facilement mobiliser.

En ce sens, je suis inquiet sur cette évolution du monde à tous les étages. Car manifestement c’est bien la « fermeture », l’intolérance, le sectarisme, et consécutivement la violence et le totalitarisme, qui gagnent du terrain. Nous le verrons plus loin, la démocratie locale soutenue par une coopération active associations-municipalités pourrait être facteur d’atténuation et être une piste d’expérimentation porteuse d’espoir et de pédagogie démocratique. C’est un point positif.

A l’issue de cette présentation, je ne résiste pas à l’envie de souligner combien la prise de conscience de cette « emprise de nos émotions » peut nous libérer… dès lors que nous voulons mettre en route une « autorégulation » qui, reconnaissons-le, demande quelques efforts. Nous « libérer », c’est un deuxième point positif au plan individuel et collectif.

Nous venons de le voir, les émotions sont souvent mauvaises conseillères. Mais elles peuvent aussi être mobilisatrice de dynamiques collectives constructives.  C’est un troisième point positif.

Pour une politique de coopération active municipalité-associations

J’en reviens à cette évolution du monde que je viens d’invoquer, au risque de dire des choses qui fâchent. Lectrices, lecteurs, pardonnez-le-moi. 

L’état de l’« occident » et de la France en particulier n’est pas brillant… et pourtant nous continuons à danser sur le Titanic.

Tout d’abord, ma génération et celle de mes enfants, nous sommes des « enfants gâtés » par l’histoire, donc mal élevés : pas de guerre depuis 80 ans, une amélioration extraordinaire du niveau de vie et des conditions de vie, ce qui ne nous empêche pas, en plus, de vivre au-dessus de nos moyens ainsi qu’en témoigne notre endettement. Et ainsi que n’en témoigne malheureusement pas vraiment dans les esprits les retards écologico-environnementaux, géopolitiques et technologiques. Nous vivons depuis 80 ans ce que j’appelle une parenthèse de l’histoire.

Mais je voudrais aussi souligner une autre parenthèse, celle de la géographie, de la géopolitique. Notre monde occidental, fait de liberté, d’humanisme, de démocratie, se rétrécit de plus en plus par rapport au reste de ce monde violent et souvent totalitaire. Ce modèle est menacé. Paradoxalement nous continuons de faire comme si tout allait continuer « comme ça » !

Reste une série de questions : quand et comment va se produire le « grand choc » ou les soubresauts successifs ? Que faudrait-il faire ? Quels modes de vie imaginer ? La technologie peut-elle nous sauver ? Une sorte de « sobriété heureuse » est-elle possible, voire incontournable, de gré ou de force ?

Partons de cette dernière question. Je me hasarde à livrer une réflexion « quasi éthico-philosophico-spirituelle ». Rien que ça, excusez-moi du peu ! Merci.

Compte tenu du rappel de l’état des lieux que je viens de décrire très succinctement, je suis d’avis que nous sommes à la croisée des chemins, ceux de deux visions opposées.

Il y a celle de la lancée actuelle, faite de techno solutionnisme/techno-croissantisme, destructeur des ressources de notre unique terre, lancée peut-être ou probablement illusoire ( ?), pour préserver un consumérisme individualiste addictif … Elle peut perdurer mais à quelles conditions de tension et de deshumanisation faisant le miel des transhumanistes et des post humanistes, d’une intelligence artificielle qui ne fera qu’une bouchée de la bêtise naturelle ? Mais est-ce bien ce que nous souhaitons pour nos enfants et leur descendance ?

Probablement pas. Alors courage et « optimisme » !

Car il y a celle de la sobriété-simplicité-convivialité, celle d’un certain « discernement technologique , celle de la solidarité, de la responsabilité, celle de l’entraide, du lien social, de la fraternité (sans exclusive ni brutalité), alternative au consumérisme…  avec son corollaire : consommer moins de matière et d’énergie, développer une convivialité qui ait du sens et fasse plaisir.

A chacune et à chacun de se positionner « moralement » quant à la vision à privilégier. Car mon propos ici n’est pas de refaire le monde selon cette distinction mais plus modestement de voir, en local, ce que nous pouvons faire pour opérer une « douce » transition, ludique même ( ?)…sachant qu’il serait réaliste de nous dire « et si », et si nous subissons un effondrement ou des effondrements, ou des crises, que va-t-il falloir faire ?

A ces questions multiples (celle de remettre de la convivialité entre nous, celle de nous libérer de l’addiction consumériste par le développement du lien social convivial, celle du que faire en cas de coup dur…) il n’y a à mon sens qu’une seule réponse.

Coup dur ou pas coup dur, que mes propos soient considérés comme excessifs ou pas, ce que je conçois, c’est, maintenant au niveau local, qu’il faut inventer ces nouveaux modes de vivre ensemble[8] et non d’entre-soi par des stratégies de coopération municipalité-associations.

Si je parle d’invention, de créativité, je suis enclin à penser qu’il y a un potentiel d’imagination, d’expérimentation au sein d’une partie des associations capables de mobiliser des groupes d’individus réunis par affinités. Et si l’on parle de coup dur, j’imagine que ces associations puissent assurer, réguler, sécuriser une certaine solidarité ou entraide. Autant dire qu’elles ont des rôles difficilement remplaçables. Néanmoins, leurs moyens matériels sont modestes et une coopération avec les municipalités et/ou communautés de communes permet d’avancer dans la direction évoquée, aussi bien, par conséquent si nous continuons sur la lancée que si nous devons faire face à des coups durs.

Mais ce n’est pas tout.

Car les associations ont vocation aussi à être d’utiles corps intermédiaires dans l’animation municipale et le déploiement d’une politique résolument conviviale et ludique tout au long de l’année. Autant dire que, dès maintenant, il serait déjà intéressant de mettre en place une politique de concertation-coopération municipalité-association. 

C‘est bien du local que pourront émerger de nouveaux consensus, une nouvelle pensée collective, qui, de bas en haut, s’imposerait alors aux décideurs.


 

 


 

Conclusion : Die, ville pionnière ?


 

Die a une carte à jouer, si elle sait inverser la tendance, celle d’une commune à dimension humaine et pionnière.

  • Pionnière pour expérimenter les modalités d’une démocratie municipale conviviale
  • Pionnière pour une démocratie sereine face à un monde inquiétant 
  • Pionnière pour expérimenter cette dynamique municipalité-associations en prévision de temps difficiles et pour remettre bonne humeur et festivité
  • Pionnière pour que l’ouverture d’esprit fasse contrepied aux sectarismes en plein essor
  • Pionnière pour que la minorité municipale soit une opposition…constructive
  • Pionnière pour retrouver nos racines communes dioises, nationales et au-delà au service d’une altérité-empathie-solidarité pour toutes et tous

OUI, c’est possible mais ce n’est pas gagné. Car il faut que chacune et chacun, du moins la grande majorité, et aussi quelques « leaders charismatiques », avec cette « minorité agissante plurielle » que j’invoque, ceux proches de la majorité ET ceux proches de la « minorité », répondent à l’appel de la nouvelle équipe, équipe plurielle, qui a sept ans pour réussir ensemble.

Les astres sont alignés ( ?), profitons-en !

A Die, le 27 mars 2026

Jean-Louis Virat

https://www.sursautpourdie.fr/



 


 

[1] Wikipedia : La loi de Godwin repose sur l'hypothèse selon laquelle une discussion qui dure peut amener à remplacer des arguments par des analogies extrêmes. L'exemple le plus courant consiste à comparer le thème de la discussion avec une opinion nazie ou à traiter son interlocuteur de nazi !

[2] https://convivialisme.org/ ; diaporama téléchargeable : https://convivialisme.org/extraits/ ; « convivialisme ou barbarie, le nouveau manifeste convivialiste » ed. Le bord le l’eau ; « en chemin vers la convivialité, témoignages convivialistes » ed. L’Harmattan

[3] https://www.sursautpourdie.fr/calendrier-et-charte-proposee/charte-proposee/

 

[4] Voir plus loin la question de la sobriété

[5] Voir plus loin l’importance de cette démocratie locale conviviale dans un contexte national et mondial de plus en plus préoccupant

[6] Voir vidéo de présentation de 15 minutes : https://www.youtube.com/watch?v=tV1Fd-UJdqU

 

[7] Daniel Favre : « l’addiction aux certitudes, ce qu’elle nous coûte et comment s’en sortir » éditions Yves Michel, outre un ensemble d’ouvrages très enrichissants sur le sujet

[8] Ce qui serait d’ailleurs une  partie de réponses aux difficultés liées au pouvoir d’achat

 

 

Le sursaut c’est maintenant sinon jamais

Je suis de gauche, je suis écolo, je veille à être raisonnable !

Alors que choisir ?

Une liste 100 % écolo, 100 % néo, 100 % de gauche, héritière d’une équipe sortante qui nous prive d’un nouvel hôpital depuis six ans… et bien d’autres choses encore…

Ou

Une alliance plurielle, une alliance gauche-droite-centre, une alliance entre Diois et néos, pour qu’enfin le nouvel hôpital voit le jour à Chamarges libérant vite les terrains de Chanqueyras pour loger des travailleurs compétents et de nouveaux retraités qui apportent leur pouvoir d’achat… et restaurer la bonne humeur entre nous tous…

Depuis plus de six mois j’en appelle à la réconciliation des Diois. Est-ce possible en continuant de faire de la politique ? N’est-ce pas beaucoup mieux en s’ouvrant les uns aux autres ?

Bon vote !

Jean-Louis Virat

Ce que nous voulons et ce que nous ne voulons plus pour Die

Reprenons la main
Invitation à la réunion publique du 11/02/2026, que disent les candidats ?

Un signal fort pour un « sursaut » vers la réconciliation citoyenne s’est exprimé dans la CHARTE pour une « Démocratie Municipale Conviviale ».

Des citoyen(ne)s indépendants, « sursaut pour Die », ont osé sa rédaction (https://www.sursautpourdie.fr/).

Pourquoi ?

Car rien de vraiment constructif ne saurait être fait si les Diois ne savent plus se parler, s’entendre et décider ensemble… loin des rivalités politiques ou partisanes.

Il n’y a pas de fatalité mais un travail de redécouverte et reconstruction de ce qui est notre culture locale.

Sur Quoi ?

  1. Des liens sociaux mis à mal par la lassitude des divisions, du ressentiment et du gâchis qu’elles engendrent.  Il faut donc une volonté commune d’être ensemble autour de la « table » dans la convivialité.
  2. Le contexte des Finances Publiques est critique. Ce n’est pas le moment de rêver à l’impossible. Il faut inventer une autre manière de trouver nos ressources financières
  3. Un environnement de Santé Publique qui se dégrade. Il y a urgence à « avancer concrètement » avec l’assentiment des Diois quant à l’implantation de l’hôpital en priorité.
  4. Un Centre-Ville qui perd son attrait économique. Mettre un terme à la discorde.
  5. Et tout le reste… !

Comment ?

Une réunion publique est programmée le 11 février à 18 heures salle Séverine Beaumier. Nous invitons toutes les listes à dialoguer à cette occasion avec les Diois sur les questions suivantes :

  1. Connaissance prise de la CHARTE « conviviale », êtes-vous prêtes à la mettre en application, tant dans l’esprit que dans ses modalités ?
  2. En particulier confirmez-vous la nécessité de mettre en œuvre des moyens pour éviter les clivages partisans ou politiques ?
  3. Vous engagez-vous, une fois élues, à organiser sans délai trois « Conventions Citoyennes » conformes à la CHARTE « Conviviale » et à tenir compte de leurs recommandations 
  4. Pour une comparaison complète et loyale des trois scénarios pour l’hôpital : Chanqueyras, Chamarges, réhabilitation in situ ?
  5. Pour « mettre à plat » la question du Centre-Ville, dont les déplacements ?
  6. Pour faire un audit comptable et financier de la ville avant investissements ?
  7. Pour les trois « Conventions Citoyennes » Vous engagez-vous pour que les animateurs et les experts soient choisis en plein accord, à 50/50, entre majorité et minorité ?
  8. Pour les trois « Conventions Citoyennes » Vous engagez-vous à organiser un référendum en cas d’impossibilité à trancher ? 
  9. Vous engagez-vous pour qu’un comité de suivi de la CHARTE soit instauré, pour toute la durée du mandat, conjointement et par parts égales entre majorité et minorité ?

Pour « peser » et aller dans le sens de cette réconciliation, rejoignez cette initiative en cliquant sur  https://www.leslignesbougent.org/petitions/sursaut-pour-die-bravo-je-soutiens-linitiative-22080/

Le Collectif de la CHARTE

 

 

Die peut retrouver des couleurs…

Et cette vie conviviale appréciée depuis si longtemps.

A condition ne plus faire de la politique à l'ancienne, à condition d'arrêter cette "lutte de camps", à condition que les Dioises et les Diois raisonnables de tous bords s'unissent, car imaginez ce que ça donnera si nos chamailleries continuent !

A condition de renverser la vapeur face au déclin qui n'est pas une fatalité.

Je nous invite à nous unir pour dire aux futur(e)s candidat(e)s que nous ne voulons plus des guéguerres politiques qui empoisonnent la vie de Die. Nous voulons une union sérieuse avec des élus compétents au profit du plus grand nombre.

Jean-Louis Virat

sursautpourdie@gmail.com

 

PS : vous pouvez soutenir mon action de différentes façons selon vos souhaits et possibilités : me rejoindre pour agir ensemble, faire connaitre mes actions et les réunions publiques que j'organise, être présent(e) lors de mes réunions...

 

IMPORTANT : dites que vous approuvez mon initiative en cliquant sur "BRAVO" : https://www.leslignesbougent.org/petitions/sursaut-pour-die-bravo-je-soutiens-linitiative-22080/

 

 

 

 

 

 

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